Demande immobilière en recul de 22 % au troisième trimestre 2026, l’offre progresse
Selon l’observatoire Bien’ici du troisième trimestre 2026, les acheteurs hésitent, les annonces restent en ligne plus longtemps et le pouvoir de négociation change de camp.
En bref
- Demande en recul de 22 % et offre en hausse de 4 % au troisième trimestre 2026, d’après Bien’ici.
- Les annonces restent visibles 82 jours en moyenne, contre 59 jours en Île-de-France.
- Dans le neuf, la demande chute de 21 % ; en location, les contacts reculent de 23 %.
- Les logements classés F ou G représentent 9 % des annonces de biens à vendre.
Le marché immobilier compte désormais davantage de biens à vendre et moins d’acquéreurs décidés. Tel est le constat de l’Observatoire immobilier Bien’ici pour le troisième trimestre 2026, repris par Journal de l’Agence. Parue en octobre 2026, cette étude repose sur un volume dépassant le million d’annonces mises en ligne par le portail.
Un été sans le rebond espéré
La reprise saisonnière habituelle s’est bien produite, mais elle demeure sensiblement plus faible que celle de 2025. Selon Bien’ici, l’élan que l’on attendait pour le marché au cours de l’été 2026 ne s’est pas concrétisé.
On appelle tension immobilière le ratio entre la demande et l’offre. Cet indicateur recule de 25 %, et la baisse concerne presque tout le territoire. David Benbassat, président de Bien’ici, résume : « Ce troisième trimestre marque un véritable tournant : alors que l’offre augmente légèrement, la demande fléchit. »
Acheter ou vendre : prix stables, annonces plus longues
Pour qui achète, le choix s’élargit. Pour qui vend, la durée d’exposition du bien devient un paramètre à surveiller.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Durée moyenne des annonces, France | 82 jours, soit une journée supplémentaire par rapport au troisième trimestre 2025 |
| Durée moyenne des annonces, Île-de-France | 59 jours (huit jours de moins en un an) |
| Prix moyen au mètre carré, France | +1 % sur un an |
| Appartements | 4 771 €/m² (+0,7 %) |
| Maisons | 2 761 €/m² (-1 %) |
L’Île-de-France constitue donc une exception dans un pays où les durées de mise en ligne s’étirent. À l’échelle nationale, les annonces sont restées visibles sept jours de plus entre le printemps et l’été 2026.
Neuf et location : plus d’annonces, moins de contacts
Dans le neuf, l’offre de programmes augmente de 6 % sur douze mois, tandis que la demande portant sur ces logements s’effondre de 21 %. Le prix moyen affiché au mètre carré cède 6 %, mais les acquéreurs ne reviennent pas pour autant. Pour Bien’ici, le dispositif de relance Jeanbrun produit pour l’instant des effets limités, en deçà des objectifs que le Gouvernement avait annoncés.
Côté location, l’offre progresse pour un deuxième trimestre d’affilée : le nombre d’annonces s’accroît de 2 % en un an, alors que les contacts reculent de 23 %. Ce relâchement ne met pas fin à la pénurie, car le parc locatif proposé à l’échelle du pays ne représente encore que la moitié de celui du début de la décennie. Bien’ici avance que la baisse de la demande s’explique notamment par un décalage entre les biens disponibles et ceux recherchés, en typologie comme en prix. Les loyers moyens progressent de 1 %, une hausse portée par une part plus forte de logements meublés, dont les loyers moyens dépassent ceux des locations vides.
Passoires énergétiques : 9 % des annonces
Sur Bien’ici, 9 % des biens à vendre sont classés F ou G, une proportion qui continue de baisser. Ce taux grimpe à 11 % pour les maisons et les studios, alors qu’il s’établit à 8 % pour les deux-pièces, à 5 % pour les trois-pièces et à 3 % pour les quatre-pièces. Dans le quart nord-est comme en Île-de-France, le stock énergivore dépasse 12 %, tandis que le sud affiche une part nettement inférieure.
Régis Sébille, responsable des analyses de Bien’ici, constate : « Nous entamons le dernier trimestre de l’année sans réelle dynamique sur un marché immobilier , qui peine à trouver un équilibre entre l’offre et la demande ». D’après l’observatoire, les budgets restreints continuent de freiner les projets, en raison de la cherté du crédit et du poids des dépenses courantes, alors que les exigences en matière de confort thermique, d’espace et d’emplacement restent élevées. Les données couvrent seulement les annonces et les comportements constatés sur bienici.com.
Photo : Jan van der Wolf / Pexels