Crédit immobilier : l’OAT à 10 ans franchit 4,90 % et les banques relèvent leurs grilles d’environ 20 points
Entre 3,70 % et 4,10 % sur vingt ans début octobre, selon un baromètre professionnel : les écarts de taux dépendent fortement de l’apport, de la durée et des offres bonifiées, tandis que les plafonds d’usure ont été relevés.
Les taux de crédit immobilier remontent à l’automne, dans un contexte où le rendement des emprunts d’État français grimpe et où la Banque centrale européenne a relevé son taux directeur. Début octobre, la quasi-totalité des banques ont relevé leurs grilles d’environ 20 points de base, d’après le baromètre publié par le Journal de l’Agence. Pour un acheteur, l’enjeu est de situer son dossier dans ces nouvelles fourchettes avant de déposer sa demande.
En bref
- Début octobre, la quasi-totalité des banques ont relevé leurs grilles d’environ 20 points de base, d’après le baromètre publié par le Journal de l’Agence .
- Pour mesurer l’effet de quelques dixièmes de point sur votre mensualité, une simulation de prêt immobilier reste le moyen le plus direct.
- Comparer plusieurs établissements reste donc le réflexe central avant de signer.
L’OAT 10 ans et la BCE, un contexte de tension
Le premier repère se trouve sur le marché obligataire. Selon Challenges, le rendement de l’obligation d’État française à dix ans a dépassé 4,90 % le 1er octobre, contre 3,2 % en mars. Quelques jours plus tôt, le 18 septembre, le même titre avait déjà noté un sommet à 4,67 %, alors que l’indicateur affichait 3,6 % au 1er janvier 2026 : la publication parle du niveau le plus élevé depuis l’été 2008. Le Journal de l’Agence relève pour sa part une pointe à 5 %, suivie d’un retour autour de 4,85 %. Ces écarts tiennent aux dates de relevé et rappellent que ce taux bouge vite.
Le 10 septembre, la BCE a relevé de 0,25 % son principal taux directeur, à 2,5 %. La Croix rappelle que cette décision suit un premier relèvement en juin et que les taux immobiliers remontent depuis le printemps, dans le mouvement du marché obligataire.
Les finances publiques pèsent aussi sur le débat. Capital rapporte que l’État français se finance à 4,8 %, alors que l’Allemagne s’en tient à 3,5 %, et que l’endettement public s’élève à 119 % du PIB, soit près de 3 600 milliards d’euros. Le projet de budget 2027 présenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu table sur un déficit de 5 % et sur 43 milliards d’euros d’économies.
Les barèmes d’octobre selon la durée du prêt
Pour septembre, Julie Bachet, directrice générale de VousFinancer, relevait : « Les barèmes ont augmenté de plus de 0,20 point, en septembre, à 3,50 % sur 15 ans, 3,60 % sur 20 ans et 3,70 % sur 25 ans ». Le baromètre du Journal de l’Agence, établi début octobre, présente des fourchettes plus larges, résumées ci-dessous.
| Type de prêt | Fourchette début octobre (hors assurance) |
|---|---|
| Prêt relais | 3,60 % à 4,30 % |
| 15 ans | 3,60 % à 4,00 % |
| 20 ans | 3,70 % à 4,10 % |
| Plus de 20 ans | 3,90 % à 4,25 % |
Ces taux n’intègrent pas l’assurance emprunteur, qui s’ajoute au coût total. Pour mesurer l’effet de quelques dixièmes de point sur votre mensualité, une simulation de prêt immobilier reste le moyen le plus direct.

Quel taux espérer selon votre profil
Le profil de l’emprunteur pèse lourd. Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage, affirme : « Plus aucune banque ne prête en dessous de 3 %. » À ses yeux, un foyer qui déclare entre 80 000 et 100 000 euros par an, apporte 20 % du prix et dispose d’une épargne complémentaire peut viser autour de 3,25 % sur vingt ans. À l’autre bout, les dossiers plus fragiles et les durées de vingt-cinq ans ou davantage s’approchent de 3,9 %.
Selon le Journal de l’Agence, les remises sur les grilles ne concernent plus que les clients au patrimoine important ou aux revenus élevés, quelle que soit la durée. Challenges ajoute que de nombreuses offres bonifiées freinent pour l’instant la hausse. Les demander à chaque banque consultée est donc un réflexe utile, sans garantie d’y être éligible.
Taux d’usure, règles du HCSF et avertissement de la Banque de France
Les taux d’usure, plafonds au-delà desquels un crédit ne peut être accordé, ont été revus à la hausse pour le dernier trimestre 2026 et valent depuis le 1er octobre. Comme leur calcul repose sur les prêts déjà accordés, le Journal de l’Agence estime qu’ils risquent de bloquer une partie du marché si les taux continuent de grimper rapidement. Le Haut Conseil de stabilité financière a, de son côté, décidé de nouveau de laisser inchangées les règles imposées aux prêteurs.
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, juge les taux actuels raisonnables, à 3,30 %, un chiffre distinct des grilles des courtiers et du baromètre, qui reposent sur d’autres profils. Il met toutefois en garde, au micro de France Inter, contre une hausse possible :
« Aujourd’hui, ils restent à des niveaux raisonnables, à 3,30, il faut faire jouer la concurrence, mais ils peuvent augmenter fortement. »
Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France
Il rattache ce risque à l’absence de budget et au poids croissant des intérêts de la dette dans les dépenses de l’État. Comparer plusieurs établissements reste donc le réflexe central avant de signer.
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